Flora Douville | Tout est sous contrôle, environ.
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Tout est sous contrôle, environ.

Ces dernières semaines et ces derniers jours, j’ai l’impression de donner dans tous les sens, d’agir avec intention mais sans voir ce qui se passe dans l’ensemble.

C’est un peu normal : je m’occupe de beaucoup de projets différents que je fais avancer en même temps… donc rien n’est fini mais tout se développe. L’impression que ça me donne ? Bah c’est le gros bordel.

Ça fait un peu comme quand on peint ou qu’on crée, y en a déjà un peu partout sur la table (et sur ses manches de pull, parce qu’on a bien pensé à mettre une blouse et à remonter ses manches en dessous mais elles glissent) et puis à un moment on a une idée pour faire autrement alors on ramène du matériel en plus, on est un peu fébrile, on installe des trucs là où y a de la place, et ça devient chaotique mais on sait très bien là où on en est — et le résultat qu’on veut obtenir.

 

C’est juste qu’on le voit pas, encore.

 

C’est à ce moment-là que si quelqu’un entre, l’impression qu’il va avoir [“mais c’est quoi ce bronx ?!”] ne va pas coller avec ce qui se passe vraiment [“c’est tendu, mais ça va le faire”].

Tout est sous contrôle, environ.

Aujourd’hui je constitue une Team d’envergure. On est 7. On crée plein de nouveaux trucs ensemble. Toutes les membres sont plutôt nouvelles, voire complètement nouvelles, à part moi. Et moi je suis nouvelle en matière de création et de gestion d’équipe, donc en gros y a du boulot. Je dois partager à la fois ma vision et ma façon de travailler et d’être, avec elles, je dois aussi m’assurer que tous les projets que nous avons entrepris avancent et que nos engagements sont tenus. J’ai encore en charge beaucoup de responsabilités que je dois déléguer — c’est le serpent qui se mord la queue : ayant beaucoup de tâches à faire, j’ai peu de temps pour les transmettre ! Ah ! Mais comment on va faire ?!

Aujourd’hui je me prépare à partir en famille au Costa Rica, pour 2 bonnes semaines. 2 semaines pour explorer une région qui nous attire, créer des liens et potentiellement créer une base pour revenir y vivre partiellement.

Aujourd’hui je me lance dans la création d’un groupe de leaders au Costa Rica, un truc qui démarre tout juste et qui a de l’ambition — celle d’être un espace de soutien pour chacun des membres, de créer une vision puissante pour nous porter dans la réalisation de nos projets individuels et de nous motiver à en réaliser d’autres, collectifs. On a tous envie de grandir et de faire évoluer le monde, alors on fait.

Aujourd’hui je suis prise entre l’excitation et la joie de tout ce que je crée et qui se crée autour de moi, et la nécessité de donner suffisamment de temps et de repos à mon corps pour qu’il puisse continuer à me porter si bien. Si ça ne tenait qu’à moi, je pourrais à l’aise ne pas manger ni dormir pendant 24-48h, portée par mon enthousiasme et mon envie de faire. Mais je suis rappelée à l’ordre par mon corps qui a des besoins simples et qui s’exprime rapidement quand je déconne. Ce qui est une chance : il n’attend pas que la situation soit critique pour parler. Alors je fais le maximum pour l’écouter.

Aujourd’hui je sens que mon énergie se déploie dans toutes les directions.

Alors c’est le bordel : de la peinture partout, des trucs qui sèchent mais qu’il faut pas toucher, des pots et des pinceaux par terre — “attention, marche pas là !” — de la peinture sur les mains, des constructions en papier improbables, des dessins de rien du tout qui contiennent la puissance qu’on a cherchée pendant des mois…

Tout est sous contrôle, environ.

Et comme je sais que c’est une étape par laquelle on passe quand on crée, je prends. J’accepte.

J’accepte et c’est pas facile… parce que je suis du genre à organiser mes collants, mes chaussettes et mes culottes par couleur. Je suis du genre à organiser tous mes livres par taille, du plus grand au plus petit. Je suis du genre à ajuster le pied de la lampe pour que le bord soit bien droit et parallèle par rapport au bord de la table. 1cm sur le côté, 1cm au fond. Je suis du genre à paniquer quand je vois des papiers en vrac sur la table de l’entrée. [Au passage : oui, j’ai un mari et deux enfants — ma vie n’a jamais été aussi difficile que depuis que je suis mère.]

 

Ce qui fait que c’est acceptable, c’est de savoir que le bordel est une étape.

 

Ce qui fait que c’est acceptable, c’est aussi simplement la décision d’accepter — je suis pas obligée.

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