Flora Douville • L'anti conseil en image | On foire tous des trucs. Et tant mieux !
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On foire tous des trucs. Et tant mieux !

Il y a 10 jours, j’étais donc au Congrès du Développement Personnel, organisé par Peggy et Jeff, à Paris. J’ai eu le plaisir d’y animer une conférence.

Le plaisir et aussi le stress ! Et je ne parle pas de trac. Je parle de stress, que j’ai généré toute seule, parce que quelques minutes après avoir parlé, j’ai réalisé que je n’avais pas dit LE message qui me semblait essentiel à faire passer.

Plein de personnes sont venues me voir après mon passage, pour me féliciter, me remercier, me poser des questions.

Et effectivement, même si je tremblais au point de ne pas réussir à refermer mon tube de mascara, dans les toilettes, juste avant de monter sur scène, je me suis sentie plutôt bien une fois là-haut. J’ai parlé tranquillement, j’ai dit plein de choses intéressantes (si je ne croyais pas à ce que je fais, je ne le ferais pas), j’ai dit tout ce que j’avais préparé.

Mais après coup, j’ai réalisé que j’avais fait ma préparation en mode « pilotage automatique » et que je n’avais pas intégré mon message le plus important à mon speech.

J’ai donc passé la fin d’après midi et la soirée avec la sensation d’avoir foiré ma conférence. D’être passée à côté d’une opportunité. Et puis la matinée qui a suivi aussi. J’ai même commencé à m’auto-persuader que peut-être je pourrais remonter sur scène vite fait, pour parler encore ! Ha !

Bon, je ne suis pas restée trop longtemps dans ce marasme de pensées qui ne servent rien, ni personne. Je suis rapidement revenue à la réalité : j’ai donné ma conférence avec enthousiasme, j’ai fait passer mon message (même si j’en ai oublié un morceau) et les gens qui étaient présents ont été touchés.

Là où j’ai rempli ma mission, c’est bon, passons.

C’est là où je ne l’ai pas remplie, à mes yeux, que ça devient intéressant. Quelque part j’ai foiré. C’est entre moi et moi, mais c’est important, parce que je ne pourrai pas grandir et progresser si je ne fais pas des erreurs comme ça.

Cet oubli que j’ai fait me permet de me concentrer sur ce qui est essentiel, la prochaine fois, et que je n’avais pas perçu cette fois-ci. Ça me permet de mieux me préparer.

Un échec (ou une situation perçue comme un échec) est une préparation à la réussite.

Je suis récemment tombée sur plusieurs messages qui disent la même chose et c’est à la fois fascinant, amusant et libérateur.

D’abord, Bryce Dallas Howard (interview en anglais), une actrice et réalisatrice américaine, raconte comment elle a réussi à se lancer après beaucoup d’échecs mais sans stress, car sa grand-mère, actrice également, lui avait donné les chiffres réels : un acteur (qui vit de son art) décroche un rôle après 64 auditions, en moyenne. 64 !

Après 48 auditions, quand elle a décroché un rôle, son agent lui a demandé : « mais comment as-tu trouvé le courage d’en passer autant ? Tellement de gens abandonnent avant ! » Et elle a simplement répondu : « Ben c’est statistique, il faut en passer en moyenne 64 pour décrocher un rôle, donc je les ai passées les unes après les autres, sans me poser de question ». Ha !

Ensuite, Rich Litvin parle dans cet article (en anglais) de comment le succès est visible et les échecs invisibles. Il cite l’article d’une chercheuse publié dans la revue Nature, qui dit que le taux de succès pour obtenir une bourse universitaire est de 15 %. Ce qui veut dire que 85 % des demandes n’aboutissent pas. 85 % des demandes reçoivent des réponses négatives. Ça fait partie du jeu. Et elle étend ça à tout le reste de son métier, qui consiste à chercher beaucoup pour parfois obtenir des résultats.

Seulement, on ne parle que du projet qui aboutit, pas des 6 autres qui ont échoué ! Cette chercheuse recommande de tenir un CV des échecs, avec tous les projets non aboutis, les demandes refusées, les recherches qui débouchent sur rien, les manuscrits rejetés, les idées tombées à l’eau. Pourquoi ? Pour ne pas oublier que les échecs font partie des réussites.

 

La réussite passe par le foirage.
C’est mathématique.

 

Maintenant, à toi :

Dis-moi dans les commentaires : quel est ton dernier échec et en quoi il te permet de préparer ta réussite ?

Hop là !

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5 Comments

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    Olga BEKISHEVA

    27.08.2019 at 09:34 Répondre

    il y a deux jours j’ai présenté la Méta à la responsable de l’Office du tourisme de Molitg -les bains. Le rendez-vous se passait chez elle. J’ai posé le cadre de notre exploration, nous avons décidé de regarder les couleurs de ses vêtements. Elle est automne qui se plaît dans les couleurs d’été vif. Par contre, elle ressent bien son mouvement et sa structure. Donc, à la fin du rendez-vous, pour résumer j’ai commencé par la féliciter pour le ressenti fin de ses énergies en globalité. Mon égo a pris dessus, en voulant lui faire plaisir je n’ai pas reprécisé mes observations sur le choix de ses couleurs. Ce qui a donné à la personne l’impression qu’elle a déjà tout compris de sa nature profonde. Etant passionnée de la Méta, je n’ai pas respecté le timing prévu et quand j’ai vu l’heure, je me suis précipitée, et au lieu de terminer par poser des questions sur ce que la personne a appris et a obtenu de notre rencontre, je me suis laissée emportée par ses questions sur le prix des consultations ou d’ateliers qu’elle pouvait proposer à ses clients. Et quand je lui ai dit 150 euros pour 2 heures, elle avait le souffle coupé et m’a répondu qu’elle m’aurait donné que 50, notre échange était bien agréable pour elle mais elle n’a rien appris sur sa nature profonde par rapport à ce qu’elle savait déjà. Donc, j’ai bien retenu que donner du temps à la réflexion de la personne de ce qu’elle a obtenu et appris fait partie du cadre obligatoire.

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    Dominique

    27.08.2019 at 10:56 Répondre

    Merci Flora, une fois de plus. Cette compréhension de l’échec ou de l’erreur, je l’ai comprise il y a un an seulement en formation de praticienne en hypnose ericksonnienne (déjà je me demandais ce que je faisais là) et quand le formatrice a dit « faites des erreurs ». Mon esprit a fait un twist car depuis 50 ans, l’erreur est signe de ratage. Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour changer et avancer à grands pas…
    Bises

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    Catherine Le Sage

    27.08.2019 at 15:06 Répondre

    le dernier était un article publié sur FB et sur mon infolettre, complètement passé inaperçu et de mes collègues pro et du grand public, alors que pour ma part, je l’appréciais. La notion d’essai/erreur m’est familière et néanmoins cela a donné un coup de frein à mes écrits. Et je suis passée, en mode audio . Hi! Hi!

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    E.

    28.08.2019 at 16:47 Répondre

    Le monde a tellement besoin de l’entendre !!!!

    Merci énormément pour l’exemple de Bryce Dallas Howard que je trouve très frappant.

    Voici un exemple d’un CV d’échecs que certains académiques ont osé rédiger et rendre public :
    https://www.princeton.edu/~joha/Johannes_Haushofer_CV_of_Failures.pdf
    Comme Rich Litvin, j’adoooore la dernière ligne du CV de Johannes Haushofer.
     » META-ECHEC
    Ce CV reprisé d’échecs a reçu bien plus d’attention que l’ensemble de mon travail académique. »
    J’apprécie tant cette ironie.

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    Maÿlis

    31.08.2019 at 10:07 Répondre

    Bonjour Flora et à toutes,

    J’ai beaucoup de mal à décrire un dernier échec que j’aurais vécu car je suis à un moment dans ma vie où j’ai l’impression d’avoir râté beaucoup de choses et je suis en mode tout le temps à me reprocher quelque chose pour ce que je n’ai pas fait ou ce que j’ai râté. Parfois j’aurais envie de dire que je suis un échec permanent.
    Maÿlis

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