Flora Douville • L'anti conseil en image | Ma vision sur les attentats
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Ma vision sur les attentats

Vous n’avez pas pu passer à côté de l’information : des attentats ont eu lieu à Paris vendredi soir, plus d’une centaine de personnes sont mortes. J’aimerais prendre un temps pour parler un peu de ça avec vous, et vous donner des éléments qui pourraient vous aider. Mon message sera long… mais comme d’habitude, vous êtes libre de lire, ou pas 🙂

Avant toute chose, j’envoie de sincères pensées d’amitié à toutes les personnes qui ont été touchées de près ou de loin par ces attentats.

 

Comprendre ?

 

Au mois de janvier, suite à l’attentat de Charlie Hebdo, j’avais été surprise par l’ampleur que le sujet avait pris dans les médias, et l’empressement de beaucoup à se mobiliser et à se rassembler, pour défendre la liberté d’expression et notre mode de vie occidental, globalement. Je me suis posé beaucoup de questions : qui ? pour qui ? pour quoi ? avec qui ? vraiment ? mais derrière ça ?…

Depuis une dizaine d’années, j’ai pu observer le décalage qui existe entre ce qui est dit dans les médias par rapport à la santé, et la réalité sur le terrain : le rôle de l’alimentation dans les maladies dites « de civilisation » peu voire pas reconnu, les scandales pharmaceutiques répétés, les remèdes naturels et efficaces bannis et dénoncés car dérangeants, etc. Mon mari Jérémie fait un travail génial de recherche et d’investigation constantes sur le sujet.

Et ce décalage, je ne peux pas croire qu’il ne concerne que la santé. Je pense qu’il concerne tous les aspects de notre vie. Je n’attends donc pas des médias qu’ils m’informent sur la réalité de ce qui se passe, et encore moins sur les réels enjeux.

On ne peut pas dire la vérité à la télé, il y a trop de gens qui regardent.
–Coluche

Ceci étant, je n’ai pas non plus envie de sombrer dans la paranoïa et la psychose et vivre avec l’idée que les puissants nous cachent tout et nous veulent du mal. Je crois surtout que les puissants vont mal.

Chercher à comprendre ce qui se passe, chercher la vérité à l’extérieur donne le sentiment de maîtriser quelque chose, d’avoir prise sur les événements, et peut soulager momentanément. Mais comment savoir que l’on détient la vérité ? On ne peut pas. J’ai donc accepté de ne pas savoir, et j’ai continué d’avancer avec les bribes d’hypothèses que j’avais avec moi.

 

Retourner nos croyances dans tous les sens

 

Et puis cet été, j’ai assisté à une journée d’atelier animée par Byron Katie. Cette femme passionnante a mis au point une façon puissante de couper court à la souffrance. Son approche s’appelle « le Travail » (the Work) et est très simple, ce qui ne veut pas dire que c’est facile : pour faire ce Travail, il faut garder l’esprit ouvert et faire preuve d’honnêteté radicale envers soi-même.

Pendant cet atelier, un jeune homme est monté sur scène avec elle pour faire l’exercice, et le thème de son problème était l’attentat de Charlie Hebdo : « Je comprends que pour certaines situations, mon regard peut changer les choses, mais là, face à ces terroristes, je ne comprends pas ! C’est juste inhumain et atroce, ce qu’ils ont fait, et je ne peux pas l’accepter ! ».

Le Travail de Katie est un processus qui permet d’investiguer de façon très précise une situation qui nous pose problème, en commençant par la décrire, et en la creusant grâce à quelques questions. Ensuite, le Travail consiste à reprendre chacune de nos réponses et à les « retourner », c’est à dire à en changer une partie : si la phrase est positive, la passer en négatif, si elle commence par « il », la faire commencer par « je », etc. Le but est de tourner autour de la situation, d’en faire sortir d’autres points de vues, d’autres propositions, et de se demander, à chaque fois, si c’est vrai, ou pas.

Byron Katie explique qu’à la base de toute souffrance, il y a la croyance en quelque chose qui est faux. Si je souffre, c’est que je crois ou même que je suis persuadée de quelque chose qui n’est pas vrai. Son Travail permet de prendre conscience de cette croyance erronée, pour se libérer de notre souffrance.

Il n’est pas question de dire « les attentats sont faux, ils ne sont pas arrivés », mais d’aller regarder ce qui me fait souffrir dans cette situation : la peur que ça me soit arrivé ? Que ça arrive à un proche ? La tristesse d’avoir perdu quelqu’un ? La colère de ne pas comprendre ?

Dans le cas du jeune homme, la phrase « ils sont violents et terrorisent le monde » est devenue « je suis violent et terrorise le monde », par exemple. Katie l’a tranquillement accompagné dans son Travail, et petit à petit, avec le public, il a réalisé qu’il était lui-même le terroriste de son propre monde : en pensant à ce qui était arrivé et que cela aurait pu arriver à son père (à ce moment-là, il quitte le présent pour se faire peur avec des idées liées au passé), en pensant à ce qui pourrait arriver à lui ou à d’autres (à ce moment-là il quitte le présent pour se faire peur avec des idées liées au futur), et en se mettant devant la télé, pour écouter des discours émotionnels qu’il absorbe, et regarder des images dures, violentes et très impactantes.

Il a pris conscience d’autres choses aussi, son exercice a duré peut-être 1 heure… [Mise à jour : vous pouvez voir Katie et ce jeune homme à l’œuvre dans cette vidéo !]

Mais à partir de là, il peut choisir de continuer à blâmer l’extérieur (il y aura toujours quelqu’un ou quelque chose à blâmer), ou il peut choisir de commencer à prendre soin de lui, et à mettre plus de paix et de joie dans son propre monde, dans sa vie.

 

Les émotions

 

La peur, la colère et toutes les émotions inconfortables que nous pouvons ressentir, ces jours-ci ou à d’autres moments, ne doivent pas être négligées, ou niées, elles existent. Elles ont besoin d’être vécues, ce sont des énergies tout comme la joie ou l’excitation, et elles doivent s’exprimer par le corps, d’une manière ou d’une autre.

Nous ne sommes pas maîtres des émotions que nous ressentons. Par contre, nous sommes maîtres de deux choses :

 

ce que nous en faisons (les libérer, ou les retenir) ;

 

ce que nous faisons qui entretient, ou amplifie les émotions paralysantes, ou bien ce que nous faisons qui entretient ou amplifie les émotions dynamisantes.

 

Quand j’ai appris la nouvelle des attentats, vendredi soir, après le choc, je me suis sentie vivante. Juste vivante. Maintenant la question qui se pose est : « qu’est-ce que je fais dans ma vie pour me sentir vivante ? c’est quoi, les trucs que j’entretiens encore et qui m’empêchent de vivre ma vie intensément ? ».

J’ai lu ici et là que le groupe qui semble revendiquer les attentats de Paris disait « on gagnera parce qu’on aime la mort plus que vous n’aimez la vie« . En fait l’organisation qui est derrière tout ça importe peu, le message suffit, tellement il est dingue mais vrai : combien de personnes disent aujourd’hui qu’elles aiment leur vie, profondément ? Qu’elles en aiment chaque instant ? Qu’elles la vivent à fond ? Qui fait ça et pourquoi importe peu. La réponse ne changera rien à votre réalité. Ce qui importe c’est ce que vous faites, vous. Vous n’avez pas d’impact sur ce que font des organisations de ce type. Vous n’êtes pas responsable de leurs actes, ni de quoi que ce soit d’autre. Par contre, vous êtes responsable à 100% de ce que vous faites : de votre temps, de votre vie, de votre énergie.

Méditer, envoyer de belles pensées et de l’amour, c’est bien. Mais ça ne suffit pas. Si nous ne faisons pas le vrai travail de fond qui consiste à regarder en nous ce que nous entretenons et qui nous fait souffrir, avec une honnêteté radicale, nous ne trouverons pas la paix. Et le monde ne changera pas. Parce que le monde n’existe qu’en chacun de nous.

Je ne viens pas me poser en personne qui sait, parce que ce travail, j’apprends à le faire en même temps que je vous en parle. Je vous souhaite simplement de prendre du recul sur la vie, votre vie, de vous recentrer sur vous et de vous libérer de ce qui vous fait souffrir, qu’il s’agisse de terrorisme ou de toute autre chose. Le Travail de Byron Katie peut vous aider, je vous le recommande chaudement. Il est gratuit et très bien expliqué sur cette page.

A la joie de vivre,

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