Flora Douville | LE truc qui me fait tenir quoi qu’il arrive
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LE truc qui me fait tenir quoi qu’il arrive

Cette semaine j’ai envie de te parler de ce qui est dur et invisible, parce que justement, c’est invisible. Et si personne en parle, on va continuer à croire que dans le monde y a ceux qui ont de la chance, et ceux qui n’en n’ont pas, alors que c’est de la connerie.

La semaine dernière, avec ma co-équipière Catherine nous avons donné la première semaine de Formation Pro Méta, Partie 2 : professionnalisation. C’est la première fois que nous donnions cette formation.

Elle était comment cette semaine ? Super chaude, tendue, inconfortable et détestable à certains moments. En gros, j’en ai chié ma race. Ouais, ça mérite ce vocabulaire.

Ça mérite cette chanson aussi.

Je commence à savoir que lorsqu’on fait du travail de transformation, que ce soit du coaching ou de la formation, il y a un moment de chaos. La transformation passe nécessairement par le chaos. C’est inévitable.

Ça veut dire que pendant une formation comme ça, il y a un moment de vrai bordel.

Ce bordel, ça peut ressembler à tout et n’importe quoi :

• une personne qui pète un câble, qui perd ses repères

• plusieurs personnes qui pètent un câble, qui perdent leurs repères

• une personne qui buggue sur ce que tu lui proposes

• plusieurs personnes qui remettent en cause ce que tu fais

• toi qui perds le sens de ce que tu fais et qui te remets en cause

• toi qui laisses ton ego faire sa crise et répondre avec agressivité

• toi qui laisses ton ego faire sa crise et qui dis “oui, oui” à toutes les demandes extérieures, surtout celles qui sont à côté de la plaque

• une explosion émotionnelle

• plusieurs explosions émotionnelles

• une personne qui décide qu’elle arrête

• etc.

Alors effectivement, quand on voit la liste, on se dit que c’est mieux de savoir que ça va arriver, sous une forme ou sous une autre. Ça permet de pas trop s’emballer quand ça se présente.

Parce que même de le savoir, ça reste chaud à traverser. Donc quand c’est là et qu’on ne sait pas que ça fait partie du processus, bah ça peut rendre le moment encore plus douloureux.

Faut savoir aussi que quand tu travailles sur quelqu’un, ça travaille sur toi en même temps. Donc pendant une formation très challengeante comme celle qu’on propose, bah c’est très challengeant pour nous aussi.

Les enjeux sont importants : on est là pour accompagner nos élèves Méta dans la création ou le développement d’un business rentable. Donc on peut plus tourner autour du pot. Toutes les problématiques liées à l’argent, à la valeur, à la puissance, à la visibilité, à la concurrence, à la réussite, à la jouissance, au plaisir, etc. sont touchées et ça fait remonter pas mal de mécanismes de l’ego qui, jusqu’à présent, pouvaient rester planqués.

Toutes les histoires qu’on s’est racontées jusqu’à maintenant pour pas y aller, bah c’est le moment de les regarder bien en face et de faire des choix.

Toutes les histoires qu’on se raconte toujours pour éviter d’aller regarder là où ça ferait mal (qu’on croit), tous les automatismes qui font qu’on fonce toujours dans la même direction, c’est le moment de les éclairer pour se voir en train de les écouter, d’y croire, de les autoriser.

On touche à des vrais gros trucs de fond, chez nos élèves. Du coup, ça touche des vrais gros trucs de fond chez nous aussi en tant que formatrices.

Plusieurs fois j’ai eu envie de gueuler “mais bordel mais tu veux pas regarder tes projections, au lieu de toujours balancer ça à l’extérieur de toi ?! Tu vois pas que tu te planques, là ? Tu vois pas que c’est une excuse pour pas aller regarder ta propre peur / colère / tristesse / etc. ?”

Et puis forcément après, je me suis dit que j’avais aussi besoin de supervision moi-même pour aller regarder ce que MOI je ne veux pas voir.

J’ai trouvé cette semaine particulièrement difficile pour plusieurs raisons, en fait.

D’abord, parce que tout ça concerne la Méta et sa diffusion, et que sur le sujet, j’ai pas de modèle. Y en a pas, puisque c’est moi qui le crée au fur et à mesure qu’on avance. Je suis une pionnière, avec Catherine on est pionnières, mes élèves sont des pionnières. Ça ne peut QUE être le bordel avec ça, puisque qu’on découvre le chemin en même temps qu’on le crée. Alors moi je commence à le savoir, mais comme ça a été une évidence pendant longtemps, je n’en parlais même pas. Sauf que pour une personne qui veut créer un business pérenne avec ça, bah c’est très insécurisant, vu qu’on ne sait pas à quoi ça peut ressembler. Donc on navigue à vue, c’est inévitable et c’est inconfortable. Surtout quand autour de toi, tout le monde te demande “mais dis-nous où on va !!”.

Au stade où j’en suis, c’est obligé, j’ai fait des conneries stratégiques, et je continuerai à en faire : y a que si je m’arrête ou si je suis morte que j’en ferai plus. Et ça, parfois je l’oublie ou bien j’ai du mal à l’assumer. J’aimerais bien prendre les décisions parfaites du premier coup.

Ensuite, parce que je donne beaucoup dans mes formations : j’y investis beaucoup d’énergie, d’argent et de temps, avant, pendant et après. Et c’est vraiment investi, c’est pas du temps utilisé pour gonfler nos agendas ou de l’argent balancé à la tête de quelqu’un pour dire “vous voyez, on paie !”. Non, on investit dans une réelle exploration en profondeur de notre enseignement. Chaque élément que nous apportons est mesuré et décortiqué pour vérifier que l’intention derrière est alignée sur nos objectifs pédagogiques.

Donc même si je sais qu’on va traverser le chaos, ça reste dur, y a pas un moment pour se poser et se reposer sur le travail qu’on a fait avant, non : ce travail est testé et re-testé jusqu’au bout. Même si je sais que tout ce qu’on fait peut potentiellement être remis en cause, au moment où ça l’est, j’ai envie de me lever et de partir. Vraiment.

Ce qui m’amène à la troisième raison : j’ai beau travailler beaucoup et me poser des questions que peu de formateurs se posent (c’est mon coach qui le dit), je ne suis pas une formatrice dans l’âme. J’ai des compétences pédagogiques mais c’est pas mon plus grand kif, de former. Alors quand je donne autant de moi et que je me retrouve en phase difficile, bah je me repose inévitablement la question : “mais POURQUOI je fais ça ?”.

Oui, la semaine dernière, à un moment, je me suis demandé pourquoi je m’étais incarnée parce que putain, merci bien.

Et c’est là que je reviens direct à ma vision, inébranlable, qui est la raison pour laquelle je suis prête à vivre tout ça.

Ma vision, c’est que la Méta soit enseignée aux enfants partout dans le monde pour qu’ils grandissent avec la connaissance de qui ils sont et qu’ils développent tôt la jouissance d’exprimer qui ils sont, avec leur singularité.

C’est que la Méta soit utilisée dans les espaces de recrutement ou de management en entreprise, pour que les adultes trouvent la meilleure place pour eux, utilisent leurs vrais talents et puissent kiffer leur vie.

C’est que les différences, les milliards de variations de ce qu’est la beauté humaine soient vues, reconnues, aimées, chouchoutées, exprimées, soutenues, vécues, montrées, sous toutes leurs coutures.

C’est le palais vers lequel je me dirige, et pour le moment j’avance parfois sur terrain sec en chantant, parfois sous la pluie dans la boue, en glissant et en me vautrant. Mais je sais où je vais et pourquoi j’y vais.

C’est ce qui fait que je suis inarrêtable.

 

Maintenant, à toi.

Dis-moi dans les commentaires : qu’est-ce que tu retires de ce message ?

Go !

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17 Commentaires

  • Delphine

    04.12.2018 at 09:36 Répondre

    Dans ce message, on retient que vous en chiez grave, que vous avez une bonne dose d’orgueil et qu’on ne comprend toujours pas ce qu’est la meta et a quoi ça sert.
    Et malheureusement, ce message ne donne pas envie de mieux comprendre.
    Et la chanson….. quel était le but de cette chanson super déprimante…. en écoutant 3 notes j ai eu envie de me fourtre en l air…

    Bref, le message qui passe là, c est totalement négatif.

  • Sandrine M

    04.12.2018 at 09:47 Répondre

    Très inspirante ta vision Flora, tout comme toi ! Comment s’approcher un peu plus de ce partage avec les enfants ? Un atelier familles ? Des ressources pédgogiques pour les enseignants (c’est ce que je fais actuellement sur l’une de mes missions actuellement) ? Les deux me tentent !
    A ta dispo pour échanger au besoin.
    Sandrine

  • Cecile cattoen

    04.12.2018 at 10:07 Répondre

    Bonjour Flora, j’adhère complètement a ton point de vue et ca raisonne beaucoup en moi. Je sais aussi que pour l’instant je suis en plein chaos, essayant de remplir cette enveloppe vide qui me sert de corps. J’ai 46 ans et j’ai l’impression d’avoir survolé ma vie sans vraiment la vivre. Bien sur j’ai accompli des choses, vécu des moments chouettes et totalement merdiques mais au final ce n’est pas moi et je ne sais toujours pas pourquoi je suis sur cette terre, ni quel est mon but. Alors j’admire et je t’envie que tu connaisses ton chemin de vie.
    Moi, je continue à me vautrer et ne vois pas encore la lumière au bout du tunnel. Ca viendra, viendra aussi le moment de rejoindre le groupe, mais je vais essayer avant de ranger mon bordel et de faire place nette.
    En attendant, je vais continuer à tous vous lire et à avancer pour me remplir, pour decouvrir ce pourquoi je suis faite.
    Cécile

  • Nathalie

    04.12.2018 at 10:31 Répondre

    Merci beaucoup pour cet article qui pour moi montre que c est utile et normal pour tous d être dans le chaos par moment dans sa vie et surtout dans des moments de transformation et de challenge et que c est important de garder en vue le but de ce qu on veux vraiment atteindre , de ce qui est important pour soi

  • Maude

    04.12.2018 at 11:00 Répondre

    Merci pour ce message qui tombe à pic pour moi ce matin comme de pas par hasard. En quête de perfection, j’oublie que le chaos est normal et non un retour en arrière dans mon évolution.

  • Elise Ferrandiz

    04.12.2018 at 11:34 Répondre

    Le Pourquoi on fait ce qu’on fait, il est essentiel. J’y reviens toujours dans les moments de doute sur mon chemin… puisses-tu trouver la force de continuer le tien. Il est déjà si beau… tu es une femme inspirante, et merci pour tous les partages que tu fais sur ton parcours. Elise

  • Christine

    04.12.2018 at 11:50 Répondre

    Tu es bien courageuse et je suis bien contente que tu ne lâches pas l’affaire parce j’espère qu’un jour j’aurais l’occasion de pouvoir comprendre tout ça moi aussi et voir les gens comme tu les vois… même si les transitions c’est pas évident ça nous permet de progresser et c’est ça le principal

  • Clem

    04.12.2018 at 11:58 Répondre

    justement !!! le chaos ! c est tout a fait la question du jour
    .. j etais en train de me dire que ma vie va de mal en pire malgre tout le positif que j en retire quotidiennement.. bien maigre compensation. alors j ai revisionne des passages du films fantastique pour enfants  » l histoire sans fin ».. tant qu on s est pas libere du negatif de l enfance on peut faire ce qu on veut il nous revient a la figure sans arret.. et de plus en plus fort jusqu a s ecrouler.. c est le passage ou le jeune garcon est perdu dans un marais avec son cheval.. dans les meandres du negatif parfois notre systeme de survie nous permet de trouver la sortie.. parfois non. je vous laisse decouvrir ce film qui devrait etre remis a jour tellement son enseignement est ultra puissant

  • Tèo

    04.12.2018 at 12:05 Répondre

    « oū est le destin se trouve le chemin…  » si on ne se releve pas c est qu on s est trompe de chemin.. perso ce chaos je le vis depuis tres longtemps et pire depuis que j ai change de poste et que j ai demenage !!! il ne m.est arrive que des problemes !!! et de plus en plus grave ! je persiste.. pourquoi ? jusqu a quand ? et si j arrive au point de non retour.. il faut aussi admettre qu on se trompe de route et reprendre ou ca a commence a merder.. parfois ca peut faire remonter loin.. d une erreur de parcour y a 25 ans.. les meme situations se repetent en pire

  • laetitia feyfant

    04.12.2018 at 12:19 Répondre

    Bonjour Flora,
    Ton article me donne des incroyables frissons, quand tu parles d’enseigner cette méthode à des enfants j’ai vu le visage de ma Lily, elle est tellement spéciale, une sensibilité extraordinaire, une singularité qu’elle assume complétement, c’est une petite fille de 10 ans exceptionnelle, elle sait qu’elle ne rentre pas dans le moule des petites filles de son âge, parfois elle en souffre, j’insiste en lui disant que c’est sa force, qu’elle n’a pas à changer, elle a toujours su ce qu’il lui convenait, ce qui lui fait du bien, les adultes apprennent beaucoup à son contact, c’est tellement évident de partager, enseigner la Méta dés le plus jeune âge, je te suis à 1000%, belle continuation sur ton chemin. A très bientôt .

    Laetitia F

  • Catherine Le Sage

    04.12.2018 at 13:51 Répondre

    Topissime ! du vécu qui s’exprime et qui s’exprime dans sa singularité++ j’apprécie vivement Flora
    cela m’a permis de me remettre les pendules à l’heure et surtout de les remettre à l’endroit, depuis quelques jours, j’avais la tête à l’envers et ma course d’obstacles devenait source d’épuisement.
    Branchée sur ma vision, j’oubliais complètement qu’elle ne peut s’expendre qu’appuyée sur mon désir de croisssance.
    En remettant mon désir à sa place la plus juste, non seulement, je lui rends justice, je l’honore et de plus, des tas d’idées s’offrent à moi pour aller vers ce que je me représente devant moi.

  • Sandrine

    04.12.2018 at 15:03 Répondre

    Merci pour ce partage Flora, je suis sur le chemin de l’expérimentation pour mes clientes et forcément des que c’est nouveau, il faut s’attendre à gérer des incompréhensions voire des remises en question. Pas facile à vivre, il faut être forte pour encaisser. C’est très courageux de nous montrer les difficultés, merci vraiment . Je viens d’acheter le livre Révélez vous et je le trouve incroyable ! par contre, c’est un peu dur de s’en sortir toute seule, je pense qu’une petite formation me ferait du bien !

  • Nathalie Correira Gibard

    04.12.2018 at 15:58 Répondre

    Flora,

    Pour moi, affronter les obstacles c’est rester vivante malgré tout. Quand je dis vivante, je veux dire en vie.
    Et pour moi, rester en vie est souvent un autre obstacle à affronter.
    C’est une spirale dans laquelle je me débats chaque jour.
    Chaque jour est une guerre que je mène et chaque soir est une victoire : j’ai réussi à tenir une journée de plus.
    La nuit apporte une part de positif avec le sommeil et de négatif due aux cauchemars, parts qui vont rendre la journée plus ou facile à vivre.

    Je suppose que l’on arrive à votre expérience et à son analyse quand on a déjà l’essentiel.

  • LAURENCE

    04.12.2018 at 19:09 Répondre

    Bonjour Flora,
    Ton article me pose question
    Pourquoi dépenser autant d’énergie en faisant toi-même cette formation ?
    Tu dis « je ne suis pas une formatrice dans l’âme ».
    Ce que j’ai retenu de la méta, c’est que l’on est vraiment fait pour ce que l’on fait naturellement, comme une évidence.
    Perso je suis été et lorsque je fonctionne comme une automne, je m’épuise terriblement et grâce à la méta, j’ai enfin appris à dire non à ce qui ne me convient pas. Merci beaucoup Flora, tellement exceptionnelle ta méthode !!!

  • Frédérique

    04.12.2018 at 19:12 Répondre

    Je trouve cela extrêmement sain de se poser des questions, être affronter à des moments compliqués quand on veut faire passer ce qui tient à cœur, ce qui rempli notre vie. C’est si tu ne te posais pas ces questions, et vivait tout « très tranquillement » que ce serait inquiétant. La remise en question permet d’avancer, de progresser pas à pas, montre à quel point tu travailles et à quel point ce n’est pas toujours facile. Merci de le rappeler Flora. Courage pour la suite, mais tu n’en manques pas !

  • Dominique

    04.12.2018 at 20:34 Répondre

    Merci pour ce témoignage Flora qui arrive en plein chaos bien moins important que le tien et ce matin, ma thérapeute me disait justement de revenir plus que jamais (ce mot est de mise ici) vers soi dans ces moments-là pour s’apaiser. Moi qui pense comme toi : pourquoi tout ça ; les émotions, les singularités… n’est-il pas enseigné à l’école. Tu verras, un jour, on aura la « méthode Flora » comme la montesssori… Et pour Cécile, dans les commentaires, revenir à soi, au centre comme dit ma sophrologue, la pleine conscience et laisser venir les réponses. Sans le savoir, nous nous préparons toute notre vie à ce qui se concrétise après 50 ans (comme pour moi). Je viens de prendre conscience de toutes mes richesses cachées au fond de moi. Toutes mes expériences de vie sont là pour me dire quelque chose. Je les écoute et… je sais vers où aller. Adorez votre vie, elle est belle. Il suffit juste de s’arrêter entre deux « faire ». COEUR et BISES à tous

  • Sarah

    06.12.2018 at 11:35 Répondre

    Moi j’ai envie de te remercier pour ton dévoilement, ton courage de te montrer telle que tu es avec tes forces et tes vulnérabilités alors que tu es formatrice. Cela me permet de te faire confiance. C’est beau, ça peut faire peur aussi et en meme temps cela me donne la permission d’accueillir mes failles aussi et d’être ok avec ça.. Encore merci Flora

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