Flora Douville • L'anti conseil en image | Entre culpabilité et obligation, tu choisis quoi ?
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Entre culpabilité et obligation, tu choisis quoi ?

La semaine dernière, je suis tombée sur une publication d’une personne que j’ai côtoyée en pointillés, en vrai et en ligne, pendant 2 ans, dans le cadre d’un mastermind dont je faisais partie aux US.

Dans sa publication, cette femme reprenait un concept que j’avais entendu déjà, dans la communauté de mon coach de l’époque : “je choisis la culpabilité plutôt que l’obligation”.

À quoi faisait-elle référence ? Elle racontait qu’elle venait de recevoir un massage à 4 mains offert par son boss et que, au lieu de rentrer chez elle comme prévu, elle était passée devant un café qui faisait des doughnuts frais et elle avait fait une pause avec ça, et un café comme elle les aime.

Cette phrase, “choose guilt over obligation” est un peu une blague, et veut dire qu’il vaut mieux se sentir coupable d’avoir fait quelque chose pour soi, quelque chose qu’on avait vraiment envie de faire, plutôt que de se l’interdire ou de faire autre chose à la place, par obligation.

Mais bordel mais qu’est-ce que c’est que cette façon de penser ? ?

Je dis ça aujourd’hui mais je me souviens que la première fois que je l’ai entendu, j’étais dans de la confusion sur pas mal de sujets, notamment les mécanismes de l’ego, et j’avais pensé : “mmh… oui, c’est intéressant, comme façon de voir les choses”.

Je trouvais que c’était bien vu, bien trouvé, que c’était malin. Je trouvais ça amusant.

C’est peut-être malin et amusant, mais c’est bien pourri, surtout ! Maintenant je le vois clairement.

Cette façon de voir les choses, c’est une façon de bien se compliquer la vie et de continuer à rajouter des couches d’ego, de justifications, de culpabilité et d’explications sur un truc qui à la base est extrêmement simple : une envie.

J’ai envie de prendre un café et—oh, tiens ! Ils font des doughnuts frais, j’en goûterais bien un…

La vie peut être aussi simple que ça. Aussi légère, douce ou joyeuse que ça.

L’ego, par contre, ça lui fait peur. L’ego, je te rappelle que c’est une protection d’amour—une protection qui était vitale à un moment dans ton développement, mais qui devient encombrante voire paralysante maintenant.

L’ego, donc, ça lui fait peur. Il est là pour te protéger de la réalité qui, selon ses fichiers qui datent de [insère ici ta date de naissance] est extrêmement dangereuse. Donc dans tous tes rapports avec la réalité, y compris les rapports qui pourraient être extrêmement simples, il va générer un truc qui sort de nulle part, simplement pour faire barrage, pour éviter le rapport direct avec la réalité.

Selon les personnes et le vécu, certaines situations vont provoquer l’ego plus facilement que d’autres, et les mécanismes de protection de l’ego vont prendre telle ou telle forme.

On a aussi tendance à récupérer des mécanismes qui appartiennent à l’inconscient de la famille, à l’inconscient collectif…

En l’occurrence avec cette histoire de “choisir la culpabilité plutôt que l’obligation”, on est en plein dans l’inconscient judéo-chrétien.

Devoir choisir entre la culpabilité ou l’obligation… mais c’est quoi cette idée ? Y avait vraiment rien d’autre en stock ? !

Et si on choisissait la simplicité, plutôt ?

J’ai envie de faire une pause et de prendre un café-doughnut—je le fais.

Je préfère ne pas faire de pause, et rentrer directement à la maison pour travailler un peu avant que les enfants rentrent de l’école, j’ai envie d’avancer sur mon projet—je le fais.

Je vais prendre un thé à emporter, plutôt, je n’ai pas vraiment faim en fait, et je le boirai dans la voiture en écoutant un podcast—je le fais.

Je prends quelques minutes pour apprécier la devanture du café qui me donne vraiment envie d’entrer dedans, mais je préfère économiser et donc je n’achète rien, je vais simplement rentrer à la maison mais je sais pourquoi—je le fais.

Dans la communauté de mon coach, j’ai fini par remarquer (parce qu’au début je les trouvais tous extrêmement brillants) que ce genre de travail intellectuel pour créer des concepts et rajouter de la complexité, de l’emphase, de l’émotionnel en carton ou de la lourdeur, là où il y a surtout besoin d’honnêteté et de simplicité, c’était un sport quotidien.

C’est ce qui m’a décidée à arrêter de travailler avec eux : je les ai vus tourner en rond dans leurs concepts magnifiques et dans leurs problèmes, sans jamais en sortir.

Oui, parce que leurs problèmes, ceux avec lesquels ils revenaient, sessions après sessions, étaient toujours les mêmes. Ils étaient englués dedans. Et ils se racontaient que de réfléchir et de tourner les choses autrement dans leur tête allait changer quelque chose. La preuve que non : ça a duré des années… et ça continue.

C’est normal : on ne résout pas un problème en collant dessus des concepts “brillants” ou “bien trouvés” ou en essayant de les regarder avec les lunettes de quelqu’un d’autre.

On commence à résoudre un problème en acceptant de regarder les choses en face avec simplicité et honnêteté :
“voilà la réalité que je vis et elle ne me convient pas”.

Ensuite, on accepte de regarder les choses en face avec simplicité et honnêteté :
“ça ne me convient pas, mais je ne me sens pas prête à changer cette réalité, les conséquences me font trop peur”.

Et enfin, on accepte de regarder les choses en face avec simplicité et honnêteté :
“si je ne fais pas l’effort de changer, alors la situation va rester la même et je dois l’assumer, ou bien faire un autre choix”.

Dans quasiment tous les masterminds, les cercles d’entrepreneurs, les communautés de développement personnel et autres rassemblements de gens que j’ai pu intégrer par le passé, j’ai remarqué la même chose avec le temps : une énergie colossale déployée pour éviter à tout prix de regarder la réalité en face, avec simplicité et honnêteté.

Alors oui, ça peut être brutal, de regarder les choses en face sans se mentir. Quand on se raconte de la merde depuis des années sur une situation qui est devenue insupportable, c’est tout sauf confortable, d’enfin oser se dire à soi-même qu’on s’est pas écoutée, qu’on s’est pas respectée, qu’on a répété un choix qui était un mauvais choix pendant si longtemps.

J’ai failli écrire que c’était tout sauf “doux”, mais en fait c’est pas vrai : quand on ose enfin s’avouer qu’on s’est pas écoutée pendant des années, ça peut être brutal et très très doux en même temps. 

Ça peut faire peur de regarder ses envies personnelles en face sans se mentir. Nos envies personnelles nous demandent de nous mettre en mouvement, de faire des démarches, d’affirmer ce qu’on veut vraiment. On va potentiellement rencontrer de l’adversité : des gens qui sont pas d’accord, des gens que ça rend tristes, des gens qui ont peur pour nous et projettent ça sur nos projets, des gens jaloux, etc. Regarder ses désirs en face, ça va demander ensuite de les assumer, et là on est seul avec soi-même.

Mais ça peut aussi être jouissif  : “j’ai très envie de faire ce voyage ! Alors je le fais au lieu de me trouver des excuses, et sans me justifier.”

Ça peut être extrêmement joyeux  : “j’ai très envie de créer un meuble ultra singulier pour mettre dans mon salon ! Alors je m’en donne les moyens au lieu de garder ça dans ma tête depuis 2 ans.”

En fait, le kif, la jouissance, la liberté d’être soi entièrement, la légèreté, l’intensité joyeuse de la vie, elle vient avec l’acceptation radicale de la réalité.

Y a pas de culpabilité ou d’obligation dans l’histoire. Y a juste toi face à toi-même : t’es prête à regarder tes désirs en face ? T’es prête à regarder en face les trucs qui te font chier ? T’es prête à regarder tes envies en face ? T’es prête à regarder tes mensonges en face ? T’es prête à regarder en face ton niveau d’engagement dans ce que tu dis que tu veux faire ?

Si t’es pas prête, c’est ok. Par contre il ne te faudra pas moins que ÇA pour transformer ta vie.

 

Maintenant, à toi :

Dis-moi dans les commentaires : quel est le sujet que tu n’oses pas regarder en face, dans ta vie ?

Go !

Bonne journée :)

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8 Comments

  • Avatar

    Laurence Frank

    23.07.2019 at 09:03 Répondre

    Je vous suis depuis assez longtemps et je dois vous dire que cette dernière lettre m’a éblouie. Vous pensez juste et le dires avec beaucoup d’élégance. Je suis enfermée dans une vie dans laquelle je ne me reconnais plus. Je ne rentrerai pas dans le détail, mais vos paroles trouvent un écho en moi. Je vais les laisser mûrir.
    Merci
    L.

    • Flora Douville

      Flora Douville

      24.07.2019 at 12:11 Répondre

      Merci Laurence pour ton témoignage :)

  • Avatar

    Klein Christiane

    23.07.2019 at 09:28 Répondre

    Coucou la pro! mettre tout cela en pratique est encore plus facile si on connait bien tous ses éléments et savoir ou ils sont placés, pour les faire briller. Grâce à la méta, quoi!!!

  • Avatar

    Dominique

    23.07.2019 at 10:39 Répondre

    Bonjour Flora,
    Je suis tes news et j’en lis parfois. Celle-là me fait penser à ma grand-mère qui s’est occupée de nous à la mort de ma mère et qui est restée veuve depuis 1940 jusqu’à sa mort, en 2000. Et oui, elle disait elle qu’elle le faisait « par devoir ». Encore bien une idée qui pourrit la vie et qui a bien faillit pourrir la mienne.
    Culpabilité, je connais, judéo chrétien, je connais et je « fuck » ceux qui me disent « oui mais » et aux Etats-Unis, je me dis souvent que par rapport à la France, avec leur devise « in god we trust », ils ne sont pas sortis de l’auberge.
    Belle journée à toi.
    Demeure inspirante quoiqu’en disent les grands penseurs et théoriciens autour de nous.
    Dominique

  • Avatar

    GRINDLER MARGUERITE

    23.07.2019 at 14:51 Répondre

    BONJOUR fLORA
    et tu as encore raison ,moi il y a bien longtemps que je ne raisonne plus comme cela ,j’ai envie d’un café je m’assois je le bois et, si on me demande ce que j’ai fait, tu es restée hyper longtemps? je répond je me suis payé un café point ON EST LIBRE NON??

    • Flora Douville

      Flora Douville

      24.07.2019 at 12:10 Répondre

      Voilà, exactement !

  • Avatar

    Carinette

    25.07.2019 at 16:48 Répondre

    Super post, merci Flora. C’est très inspirant et ça met la patate de lire des trucs comme ça.
    Merci également pour ton webinaire de mardi, j’ai kiffé et j’arrive mieux comprendre les choses, à être moins « pressée ». Je te le dis là car j’ai pas ton téléphone ;) A bientôt !

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    Michaël CHAMBON DIT FOURN

    16.09.2019 at 22:15 Répondre

    Mon rapport à l’argent.
    Mon rapport à mon image.
    Ma potentielle culpabilité à tourner le dos à certaines de mes valeurs.

    La liste est longue…

    Et pour chaque item, des actions en face.

    Je ne cache pas que certains sujets me pétrifient et que j’ai énormément de mal à avancer dessus. Je crois que c’est bon signe : je défriche un nouveau chemin pour moi. Hâte de voir ce qu’il y a au bout!

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