Flora Douville | C’est qui, la vraie bitch ?
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C’est qui, la vraie bitch ?

Ecoute ça.

Dans ma vie, à plusieurs reprise j’ai rompu avec des gens. Avec des mecs, mais avec des filles aussi.

Oui, j’ai rompu avec des amies.

Je me souviens de 2 ruptures notamment, qui ont été assez radicales. Radicales parce qu’à chaque fois, c’était avec ma meilleure amie du moment, si on peut dire.

J’avais passé beaucoup de temps avec ces 2 filles. On avait vécu des trucs intenses dans tous les sens, on était parties en vacances, on connaissait nos parents et grands parents, les recoins de nos maisons, nos secrets, nos rêves, nos coups de coeurs. On savait quasiment tout l’une de l’autre.

Et puis à un moment crucial où je commençais à devenir moi, à reconnaître mes désirs et mes talents, j’ai observé une prise de distance, un manque d’intérêt pour l’objet de mon attention : ce que j’étais en train de devenir posait problème.

Pour l’une, c’est quand j’ai commencé mes études d’arts appliqués : rien de ce que je faisais ne l’intéressait. Quand je parlais de mon école ou de mes projets, elle partait en parallèle dans une conversation sur le droit, ses études à elle. Pas de question, pas d’ouverture, pas de curiosité sur ma nouvelle vie d’artiste.

Donc pas d’espace pour partager ce que je suis ni ce qui me fait vibrer.

Pour l’autre, c’est quand j’ai commencé à poser les bases de la Métamorphose® que c’est arrivé. On pouvait parler longtemps de ses études d’infirmière. Je lui posais des questions sur sa classe, ses cours, ses sujets d’étude. J’étais pas franchement branchée sur le médical et pas toujours d’accord avec ce qu’on lui enseignait, même, mais j’avais de la curiosité pour ce qu’elle vivait.

En retour, pas de question sur ce que je commençais à mettre au jour : le lien qui existe entre notre apparence physique et notre personnalité profonde. Un évitement bien palpable.

Je pourrais analyser pourquoi c’était comme ça, me dire que peut-être ça les faisait flipper, qu’elles n’étaient pas prêtes… Mais je m’en fous. L’amitié c’est irrationnel et si on ne peut pas s’ouvrir à l’autre sans avoir de raison alors ça ne m’intéresse pas.

Puisque nous en étions aux longues lettres, avec chacune, j’ai écrit une lettre de rupture. Une lettre pour expliquer que j’avais bien observé depuis un moment qu’aucun espace n’était fait pour que je puisse partager le coeur de ma vie, et que pour moi c’était rédhibitoire. Merci, au revoir.

Tu vas peut-être me dire que je suis une bitch. On m’a dit que j’étais trop radicale, à l’époque.

Et c’est la question que je me suis posée, parfois.

“J’suis une bitch ? C’est un peu fort quand même, nan ?”

Sauf que nan.

Si je me replace dans le contexte, je me souviens très bien de mes sensations de l’époque. La sensation d’être étriquée. Enfermée. De composer avec des mensonges : “je t’adore !” “t’es géniale” et de me sentir face à des murs. La solitude. Les questionnements du type “est-ce que ça existe, des gens qui me comprennent ?”.

Être une bitch, ça aurait été de me laisser moisir dans ces relations énergivores. De m’abandonner moi-même en me laissant croire que mieux, ça existe pas.

Être une bitch, ça aurait été de ne rien dire, de continuer à avaler les mensonges, y compris ceux que je me racontais : “elle ne se rend pas compte, c’est pas sa faute”.

Être une bitch, ça aurait été de ne rien dire et de garder le sourire. Ce qui équivaut, à l’intérieur, à me donner des coups de latte dans la gueule en disant “ferme-la !”.

En l’occurrence, j’ai pris soin de moi en écrivant ces lettres de rupture. Je me suis écoutée. Même si ça se fait pas trop, même si ça avait l’air trop radical. C’était de la bienveillance.

“Nan mais c’est bon, tu sors pas avec non plus, c’est pas la peine d’en faire tout un truc !”

Bah sauf que si, parce que mes relations sont importantes pour moi, elles prennent de la place dans ma vie. Donc soit c’est top, soit ça dégage.

La bitch n’est pas toujours là où on le pense. La bienveillance non plus.

 

Maintenant, à toi.

Dis-moi dans les commentaires :

  • Où est-ce que tu cherches à ne pas être la chieuse ? Où est-ce que tu prends sur toi pour arrondir les angles, faire plaisir, faire bonne figure ?

  • C’est quoi la partie de toi qui, aujourd’hui, aurait besoin qu’on s’occupe d’elle plutôt que de maintenir les apparences ?

Go !

Bonne semaine :)

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9 Commentaires

  • Régine

    20.11.2018 at 09:48 Répondre

    Flora, je me suis tellement reconnue dans ton message du jour ! Moi, je dis que tu as aussi démontré énormémement de courage et de sincerité vis-à-vis de ces deux amies en leur écrivant une lettre de rupture. Perso, je n’ai pas toujours été courageuse et j’ai laissé la distance s’installer avec certaines de mes amies ce qui a eu pour même résultat qu’on ne se voit plus. Mais dans un cas, une de celles-ci m’a écrit plus de 10 ans plus tard un message qui s’est apparenté à une lettre de reproches – c’est moi qui avait fui, plus donné de nouvelles. C’est là que j’ai exprimé mes sentiments – il est facile de me reprocher de n’avoir pas été là pour elle, elle ne l’avait pas été pour moi et l’amitié à un sens, pas pour moi! Penses-tu que nos relations avec les autres et cette séparation d’avec certaines de nos amies soient liées à notre Ligne dans notre profil Méta? Tu l’es, je le suis aussi … Cela m’intéresserait de comprendre si tu fais ou non le lien avec ton profil Méta. Merci pour ce nouveau partage, je prends du plaisir à te lire. Régine

  • Jessica

    20.11.2018 at 10:45 Répondre

    Moi je suis là chieuse quand je parle écologie, éducation bienveillante et ça a clashé avec ma famille et belle-famille parce que je ne dis plus oui amen à leurs injonctions, parce que je pense à moi, à mes enfants, à mon couple et que ça ne plaît pas à tout le monde. Au début c’est difficile car comme tu le dis, les gens nous prennent pour les méchantes, parce qu’ils estiment qu’on fait pas d’efforts, mais aujourd’hui je le rapproche de plus en plus de personnes qui me ressemble, ou qui m’a comme je suis. Ça fait du bien, même si j’ai encore un très long chemin pour guérir de toutes mes blessures, et si ça passe encore par des ruptures familiales ou amicales, je le referai encore.
    Encore merci pour ton article

  • Carinette

    20.11.2018 at 13:24 Répondre

    Le sujet est vaste ;) Je vois bien le point de vue aussi où ta pote ça la faisait chier que tu sois super heureuse de te lancer dans un boulot qui te faisait triper à fond donc en parler ça lui aurait bien rappeler que ses études la rendait moins heureuse que toi. (je sais pas si c’est clair mon truc là …) Lettre, distance, gueulante, la liste est longue et je ne trouve pas qu’ une méthode soit plus glorieuse que l’autre :( faut déjà écouter ce qu’on veut à l’intérieur de nous pour se libérer de la chose, c’est déjà être courageux envers soi. J’arrête car je n’ai pas le temps de faire un roman. A bientôt !

  • Aline Magnin

    20.11.2018 at 13:27 Répondre

    Bonjour Régine.
    Je me permets de te réponde, parce que je ne suis pas ligne, mais losange, bon sous-jacent ligne ok, mais je me suis aussi éloignée d’amies : certaines l’ont bien compris : nos chemins divergeaient tout simplement. D’autres m’ont fait le reproche de ne plus passer les voir : mais si vous étiez inquiète, pourquoi n’avoir pas pris de mes nouvelles ?
    Et une autre aussi très chère je croyais, mais me suis rendue compte que c’était juste parce que je disais oui à toutes ses propositions puisqu’on étaient sur la même longueur d’onde. Mais quand c’était moi qui proposait, c’était non.
    Et quand j’ai commencé à lui dire non, à faire ce que j’avais envie, là, elle est carrément devenue mauvaise. Alors, j’ai laissé tombé. (et je suis aussi tombée de haut !) Et bien, ainsi va la vie.

  • Perrine

    20.11.2018 at 21:08 Répondre

    Est ce que l’amitié ce n’est pas aussi avoir des creux dans la relation, comprendre pourquoi, être bienveillant sur les comportements moins jolis de l’autre ?
    Une amie n’est pas parfaite. Sentir que son amie évolue alors qu’on patauge complètement dans sa vie peut être particulièrement difficile à vivre.
    De mon côté, si une amie rompt avec moi aussi radicalement sans essayer de comprendre, c’est surtout qu’elle n’a jamais vraiment été mon amie. Est ce qu’on aurait l’idée de faire une lettre de rupture à une soeur car on a des passages de vie où on ressent un décalage ?
    La rupture radicale en amitié me semble un comportement égoïste, car autant elle est nécessaire en couple au vue de l’exclusivité, autant on peu faire évoluer une relation d’amitié (moins de fusion, plus de respiration) sans passer par cette action.
    Mais je ne qualifierai pas ce comportement de bitch, juste égoïste. Sinon j’aime beaucoup ce que tu fais Flora, ce n’est pas la question :)

  • Veronique

    20.11.2018 at 21:59 Répondre

    Je suis réservé méfiante avec tout le monde la maltraitance des parents que j ai subit à fait que je tolaire beaucoup de choses (trop) on me juge sans chercher à comprendre mais mal j ai un air intrigant c est sur les gens croient me mener je suis patiente habituer à m en voir ils me lâche vite quand je ne suis pas leurs idées comme si je n avais pas le droit de m imposé moi je suis vrais naturelle pas de faux semblant moi malgré c est tout tant pis si on me lâche

  • Dominique

    20.11.2018 at 22:03 Répondre

    Bonsoir Flora et les Métagirls,
    je suis la chieuse aussi sur la parentalité positive, sur le bio, sur l’envie de prendre du temps pour moi, « tu ne retrouves pas tes chaussettes? Et alors? C’est MON problème? »…..
    En revanche je m’écrase encore un peu dans mon couple (sauf pour els chaussettes ;-) )et au boulot. Mais,….effet Méta ?, j’ai décidé d’envoyer chier mon patron caractériel qui m’utilise pour me chercher une autre boîte bienveillante celle-là.
    J’ai rompu avec quelques ami(e)s parce que je n’avais pas non plus cette écoute que je leur donnais en permanence. Les filles parce qu’elles m’appelaient pour avoir de mes nouvelles mais après un simple « bonjour, ça va? » passait aussitôt à leurs soucis. Ou, lorsque nous discutions de nos familles, projets, passions…comme toi je m’intéressais ++++ et jamais de retour « ah? », « Ben dis, donc! », »Bof, c’est pas mon truc », « Tu sais, MOI….. » L’une d’elle ça a été lorsque mon mari a eu un grave accident de plongée, nous étions en vacances dans sa ville, elle m’a gentiment emmenée le voir à l’hôpital mais pendant tout le trajet elle n’a cessé de me dire « mais arrête de t’inquiéter, mais c’est bon, il va bien maintenant, il faut passer à autre chose!….’ Alors que moi j’avais juste envie de vider mon sac émotionnel avant d ele retrouver et de savoir quelles séquelles il allait éventuellement garder et comment organiser le retour…. Inutile de préciser que j’avais toujours été à ses côtés lors de ses galères à l’écouter pleurer et stresser des heures au téléphone et prendre de ses nouvelles de temps en temps quand elle était trop heureuse pour penser à m’appeler.
    Une autre: une cousine qui était comme ma petite soeur. En grandissant elle est devenue nombriliste et se plaignait de tout. Elle a toujours eu une vie « facile », adorée de ses parents, famille aisée, bonne réussite scolaire, belle….et malgré tout mademoiselle était toujours en train de se plaindre qu’elle n’avait pas de chance et que personne ne l’aidait jamais, alors que la plupart se coupaient en 4 pour elle. J’ai tenté d elui parler, mais peine perdue. J’ai rompu avec elle et fait le deuil de l’enfant et l’adolescente qu’elle était.
    Et ça fait un bien fou! Avoir le courage de dire « Stop! » je ne te laisserai plus pomper mon énergie sans retour c’est super libérateur! En amitié comme en amour.
    Et si c’est être bitch et bien je le suis avec plaisir et fierté ;-)

  • Benedicte

    21.11.2018 at 07:45 Répondre

    Bonjour Flora effectivement j’ai passé ma vie à vouoir faire bonne figure , à ne pas aisser paraitre celle que je suis

    J’ai pris la vie d’un coté trop sérieux et grave . Je dois développer mon coté Fun mettre pus de Joie dans tout ce que j’entreprends

  • M Laure

    23.11.2018 at 12:27 Répondre

    bonjour Flora
    moi aussi j’ai passé ma vie a faire bonne figure, arrondir les bords, recevoir tout le monde à la maison sans retour.
    au décès de mon mari ce fut le vide…je me suis aperçu que j’avais surtout vécu pour lui et à travers lui et que ses amis n’étaient pas les miens…dure réalité… mais au moins ça fait le tri et du coup ceux qui restent sont vraiment sincères et je peux leur consacrer plus de temps car beaucoup moins nombreux et là les échanges sont fructueux c’est un vrai partage

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