Flora Douville | 3 Choses Que J’ai Apprises Avec Thom Yorke
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3 Choses Que J’ai Apprises Avec Thom Yorke

J’ai quelques idoles dans ce monde, dont un mec que j’aime depuis plus de 20 ans : Thom Yorke, le chanteur / leader du groupe Radiohead. Écoute un peu pour voir.

Quand j’ai rencontré mon maintenant-mari, et qu’il est venu dans mon petit appart’ pour la première fois, il a vu accroché au mur une photo d’un gars avec une tête assez atypique, et sous son visage j’avais écrit « mon maître », au gros feutre.

Ça lui a fait bizarre. Il s’est demandé qui était ce type, si c’était un gourou ou quoi.

Pas du tout, en fait. C’est juste un maître.

Ce mec, c’est pas juste une idole pour moi, quelqu’un que j’adore, dont j’achète tous les disques, que je paie pour voir chanter en vrai, et que je rêve de rencontrer un jour, et puis c’est tout. Nan, c’est plus que ça.

Avoir une idole, je trouve pas ça très intéressant. C’est beaucoup plus chouette d’apprécier tout ce que fait cette personne et en plus, d’apprendre avec elle.

C’est ce que j’ai fait avec Thom Yorke : je l’ai fait passer du statut d’idole à celui de mentor. Comment ? C’est pas compliqué : en analysant ce qu’il fait, pourquoi et comment, et en regardant comment ça peut me servir dans ma vie, de quelle façon ça peut m’être utile.

J’ai commencé à vraiment faire ça pendant mes études d’arts appliqués, et voici 3 choses essentielles que j’ai apprises grâce à ce type génial.

 

1. Ce que j’ai à l’intérieur de moi est valide.

 

Quand j’ai commencé à me plonger dans la production musicale et visuelle de Thom Yorke et de ses potes, j’ai découvert un type qui n’a absolument pas peur d’aller explorer ce qu’il y a en lui. Ce qui en ressort (son art) est unique et puissant, délicat, sombre et lumineux à la fois, bizarre, tordu, lancinant, électrisant, vraiment touchant.

Quand j’écoute sa musique, il se passe deux choses en même temps : d’un côté, il s’ouvre avec une transparence de dingue et m’emmène à l’intérieur de lui dans son monde, dans une exploration de lui-même, pleine d’amour, d’intensité et de curiosité pour ce qu’il y trouve ; de l’autre il m’invite à faire pareil à l’intérieur de moi.

Il me montre à quel point tout est ok, quel que soit ce que je vais trouver là. Même les formes les plus étranges, c’est ok d’aller les voir, de les regarder et de communiquer avec. Je ne crains rien, je risque juste de prendre un plaisir inattendu à m’explorer de l’intérieur.

Ce que j’ai à l’intérieur de moi vaut la peine d’être rencontré.

 

2. Pour avoir des résultats y a pas de secret : faut se concentrer et bosser.

 

Je ne sais plus si j’ai lu des interviews où il parle du fait qu’il est studieux, mais j’ai toujours senti chez lui une forme de concentration extrême, une détermination à avancer et une dédication à son travail.

Sentir que ce type, que j’adore, garde le focus sur son travail sur le long terme, ça a eu le même effet sur moi que d’être dans une salle où les gens bossent à fond et m’incitent à faire pareil. Ça a créé une forme d’émulation pour moi, comme si je pouvais me relier à son énergie pour, moi aussi, me concentrer et travailler consciencieusement. Le sentir travailler fort m’a donné envie de travailler fort.

Je ne connais pas de musicien qui gagne sa vie avec ses créations musicales, je ne sais pas ce que c’est de créer un album, puis un autre, puis un autre… mais j’ai imaginé. Je me suis représenté les différentes étapes de travail que ça doit demander pour arriver à sortir un disque, j’ai pensé au focus qu’il faut avoir pour bosser tous les jours au lieu d’aller se balader ou boire des coups. Parce que sa carrière repose sur le choix qu’il fait, chaque matin, de créer de la musique plutôt que de ranger son garage ou d’aller à la pêche.

Écouter la musique de Thom Yorke m’a permis de comprendre ce que c’est que d’être motivé de l’intérieur—self-driven, pour de vrai.

Pour réussir quelque chose, il n’y a pas de raccourci : il faut travailler.

 

3. Ce que les autres pensent, on s’en fout.

 

Radiohead, dans leur discographie, y a des albums très rock et d’autres beaucoup plus électroniques, expérimentaux. Je me souviens très bien que quand le premier album plus expérimental est sorti, les critiques à la radio et dans les magazines (ouais, on utilisait pas encore beaucoup internet) disaient que c’était dangereux parce que leur public (énorme) adorait leur côté rock. Prendre un virage comme ça, c’était prendre le risque de perdre la moitié de leurs fans. 

Mais eux, bah ils s’en foutent. Ils aiment leurs fans, hein, c’est pas ça, la question. Mais ils ont décidé que faire la musique qui sonne vrai pour eux, ça passe en premier. Donc ils prennent des risques. Ils essaient des trucs. Ils font de la musique chelou. Chaque nouveau disque est une nouvelle exploration intérieure et musicale.

Et du coup ils polarisent. Y a des gens qui les adorent, kiffent leur musique et courent à leurs concerts. Et y a des gens qui les détestent, trouvent que leur musique, c’est des gars qui pleurnichent et qui savent pas faire de la vraie musique. Je connais pas beaucoup de gens qui sont indifférents.

Et leur succès est planétaire, ils ont des fans partout. Chaque fois que les billetteries en ligne mettent en vente des places pour un concert, en 3 secondes la plateforme est prise d’assaut et on se retrouve dans une file d’attente virtuelle avec 1326 personnes devant soi.

En observant Thom Yorke faire de loin, j’ai vu à quel point il reste aligné sur ses valeurs de travail, sur ce qui compte pour lui, sans tenir compte des attentes de son entourage. 

Ce que pensent les autres, il s’en fout.


Tout ça, je l’ai appris et surtout intégré en étudiant Thom Yorke de tous les côtés, en restant ouverte et réceptive à toutes les informations (rationnelles ou intuitives) auxquelles j’avais accès en l’écoutant.

Thom Yorke est mon mentor, et c’est gratuit.

C’est une super gymnastique de l’esprit, de transformer une idole en mentor. Je te recommande chaudement de la pratiquer le plus souvent possible si tu veux tirer profit de tout ce qui est là, sous tes yeux, et qui ne demande qu’à fructifier.

Tu peux être une fan passive ou une élève active. Tu choisis. Et quand je dis tu choisis, d’abord c’est le cas, c’est juste une question de choix ; et ensuite, quel que soit ton choix, on s’en fout, tu fais ce que tu veux !

T’as le droit d’aimer un truc et de ne pas chercher à en apprendre quoi que ce soit. Simplement, comme tout le reste, sache que c’est un choix.

Bonne journée !

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