Flora Douville | Pourquoi je porte des guenilles.
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Pourquoi je porte des guenilles.

Je vais tout de suite vous mettre à l’aise. Je porte régulièrement des guenilles.

J’ai parfois des éclairs de pensées qui me traversent :

Mais comment ?! Flora, toi qui parles du vêtement idéal, de l’importance d’être cohérente dehors et dedans, de l’apparence, tout ça… !

Eh bah oui, moi.

J’ai un gilet qui a un trou énorme au coude, et mon frère –qui n’est pas le dernier à porter des vêtements trouvés et tachés, il est jardinier et passe son temps dehors– me l’a bien fait remarquer hier. Ce gilet a en plus subi un nettoyage un peu violent récemment. Je pense qu’on peut dire qu’il est défoncé. Et bien je le mets presque tous les jours.

Pourquoi ? Parce que sa couleur est une de celles dans lesquelles je me sens le mieux. Parce que sa matière est douce, chaude, c’est la seule dans laquelle je me sens bien l’hiver. Parce qu’il a une coupe suffisamment longue, et que je peux m’envelopper dedans. Bref, parce que je suis vraiment bien dedans.

Je ne compte pas porter des guenilles indéfiniment, non. Mais il se trouve que mon planning ne me permet pas, pour le moment, de m’occuper de rafraîchir ma garde-robe –je suis très prise par mon programme Reconnexion.

Je suis devenue très exigeante et je sais où je vais trouver mes prochains vêtements et ma prochaine paire de chaussures, mais en attendant, je porte des chaussures dont la teinture s’écaille, un gilet troué, et des collants troués aussi –je ne vous dirai pas où, haha !

En fait, il y a deux choses essentielles à savoir, en matière de vêtements :

 

1. Si vous n’êtes pas bien dans ce que vous portez, comment être bien dans votre vie ?

 

Parfois, on est mieux dans quelque chose qui ne paie pas de mine, que dans un vêtement qui en jette. Et si on est mieux dedans, c’est un bon début. Cela ne veut pas dire qu’il faut en rester là, mais c’est le point de départ pour se poser les bonnes questions :

  • qu’est-ce que je préfère dans ce vêtement, que je ne trouve pas dans les autres ?

 

  • quelle(s) sensation(s) m’apporte ce vêtement, que je ne trouve pas ailleurs ?
    que me permet ce vêtement ?

 

  • si je devais faire refaire un vêtement similaire, quels critères je conserverais ?

Un vêtement qui est beau, tout neuf, à la mode ou que sais-je, mais dans lequel vous n’êtes pas bien, ne vous apporte pas grand-chose : d’abord il vous dé(con)centre, parce qu’il vous gêne d’une manière ou d’une autre, ensuite il ne vous donne pas d’information sur ce qui est bon pour vous.

 

2 : Plus on avance dans sa recherche vestimentaire, moins on a de « choix ».

 

En fait, c’est faux.

Ce n’est pas qu’on a moins de choix, c’est qu’on est de plus en plus exigeante, de plus en plus sélective. Ce qui apparaissait comme des choix possibles, avant, ne sont désormais plus des options. Ce sont des éléments que l’on a écartés.

Notre perception, qui s’affine chaque jour un peu plus, nous fait comprendre que tout ça, ce n’était pas fait pour nous. Cela a toujours été comme ça, mais avant, on ne le sentait pas. On ne le percevait pas.

Et quand on est sélective, on met plus de temps à trouver, à créer ou à faire faire les vêtements qui nous vont. Mais on apprend à patienter, parce que la joie ressentie dans les bons vêtements, ça vaut le coût de l’attendre.

Le plaisir vécu par le corps et l’esprit réunis, dans une tenue idéale, c’est un plaisir qui dure. Un plaisir renouvelable, qui se construit patiemment.

Alors oui, je porte des guenilles en ce moment. En attendant. Ce sont les vêtements dans lesquels je suis à l’aise, pleine d’énergie, donc présente et opérationnelle.

Symboliquement, c’est tout à fait raccord avec la sensation que j’ai, ces jours-ci, de ne plus être tout à fait en phase avec la Flora d’avant, mais de ne pas encore être à la Flora d’après… Vous savez, le bernard-l’hermitte qui doit changer de coquille parce qu’elle devient trop petite ? Eh bien le trou dans le gilet, dans les collants, les chaussures qui s’écaillent… on y est :)

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